Serre à plants : 5 conseils essentiels pour affronter le froid et réussir ses semis

Résumé

En plein cœur de l’hiver, une serre à plants peut sembler à l’arrêt. Pourtant, c’est à cette période que se prépare en grande partie la réussite du printemps. Dans cet article, nous partageons notre manière d’organiser la serre à plants : période de repos hivernal, nettoyage avant reprise, systèmes de chauffage, gestion de l’inertie thermique et protections contre le gel. L’objectif : lancer les semis de mars dans de bonnes conditions, même dans un contexte climatique froid et exigeant.

Introduction

Mi-janvier, notre serre à plants aux Jardins de la Valette est encore en pleine hivernation. Les tables sont vides, les portes ouvertes, et l’herbe a commencé à repousser sur les bords. Pourtant, cette apparente inactivité fait partie intégrante de notre stratégie de production.

Situés en Aveyron, à environ 450 mètres d’altitude, nous devons composer avec des hivers froids et peu lumineux, et des risques de gel tardifs pouvant aller jusqu’à -8 °C au mois de mars. Dans ce contexte, la serre à plants est un outil clé, à condition d’être bien pensée, bien entretenue et correctement protégée. Voici comment nous préparons la serre pour accueillir les premiers semis de printemps.

1. Une serre volontairement au repos pendant l’hiver

Assumer une période sans production de plants

À la mi-janvier, notre serre à plants est complètement vide. Nous achetons nos plants en tout début de saison pour les premières plantations sous serre, car produire des plants en plein hiver, dans notre région, est souvent plus complexe et plus risqué en raison du froid et du manque de lumière.

La serre à plants commence réellement à fonctionner à partir du début du mois de mars. Entre fin septembre et fin février, soit près de cinq mois, il n’y a donc aucun semis. Pendant cette période, nous laissons volontairement les portes ouvertes afin que le froid pénètre dans la serre. Cela permet de limiter la survie des insectes et des maladies qui pourraient autrement passer l’hiver à l’intérieur.

Nettoyer pour repartir sur des bases saines

Même si nous sommes en agriculture biologique et que nous n’assainissons pas systématiquement toutes nos serres, la serre à plants reste une zone particulière à laquelle nous accordons beaucoup d’attention. En hiver, on y trouve encore des plaques engluées contre la mouche des semis, du sable sur les tables, du terreau au sol et de l’herbe qui a poussé sur les bords.

Juste avant les premiers semis, nous réalisons un nettoyage complet. La serre étant équipée d’une dalle béton, cela facilite grandement le travail : désherbage, puis gros coup de jet d’eau (sans aller jusqu’au nettoyeur haute pression). L’objectif est d’éliminer tous les recoins où le terreau pourrait s’accumuler, car ce sont des zones idéales pour la mouche des semis.

Ce nettoyage est réalisé juste avant le démarrage de la saison, généralement fin février ou tout début mars. En une bonne heure de travail, la serre est remise à zéro et prête pour une saison de plants plus sereine.

Même si nous sommes en agriculture biologique et que nous n’assainissons pas systématiquement toutes nos serres, la serre à plants reste une zone particulière à laquelle nous accordons beaucoup d’attention. En hiver, on y trouve encore des plaques engluées contre la mouche des semis, du sable sur les tables, du terreau au sol et de l’herbe qui a poussé sur les bords.

Juste avant les premiers semis, nous réalisons un nettoyage complet. La serre étant équipée d’une dalle béton, cela facilite grandement le travail : désherbage, puis gros coup de jet d’eau (sans aller jusqu’au nettoyeur haute pression). L’objectif est d’éliminer tous les recoins où le terreau pourrait s’accumuler, car ce sont des zones idéales pour la mouche des semis.

Ce nettoyage est réalisé juste avant le démarrage de la saison, généralement fin février ou tout début mars. En une bonne heure de travail, la serre est remise à zéro et prête pour une saison de plants plus sereine.

2. Chauffer efficacement grâce à des tables adaptées

Deux systèmes de tables chauffantes

Notre serre est équipée de deux tables de culture chauffantes, chacune avec ses spécificités. La première table fonctionne avec des câbles chauffants disposés sur un lit de sable. Ce sable apporte une légère inertie thermique, utile pour stabiliser la température. Les câbles reposent sur une isolation en polystyrène, elle-même posée sur une structure métallique.

L’ensemble est piloté par un programmateur qui permet de gérer des températures différentes entre le jour et la nuit. En revanche, lorsque ce système est enclenché, toute la table chauffe. Il est donc plus intéressant de l’utiliser lorsque la table est bien remplie de plants.

La seconde table est équipée de nappes chauffantes horticoles. Il s’agit de câbles intégrés entre deux feuilles d’aluminium, très simples à installer. Ici, pas de sable : la nappe est posée directement sur le polystyrène, puis recouverte d’une toile tissée pour améliorer le confort de travail et faciliter le nettoyage.

Modularité et maîtrise de l’énergie

Cette seconde table est divisée en deux zones chauffantes distinctes. Cela nous permet de n’activer qu’une partie ou la totalité de la surface, en fonction de la quantité de plants et de leurs besoins. Cette modularité est particulièrement intéressante pour ajuster les températures selon les cultures, notamment pour les semis ou la croissance de solanacées, plus exigeantes en chaleur.

De manière générale, nous conseillons de diviser les surfaces chauffantes autant que possible. Cela permet d’adapter le chauffage aux besoins réels, d’économiser de l’électricité et de gagner en souplesse tout au long de la saison.

3. Protéger du froid grâce à l’inertie et aux multi-protections

Une zone spécifique pour les solanacées

En complément des tables chauffantes, nous avons aménagé une zone dédiée à la croissance des solanacées (aubergines, poivrons, tomates). Les plants, souvent achetés puis rempotés, y sont maintenus quelques semaines avant leur plantation au champ.

Cette zone est installée directement sur la dalle béton, qui apporte une inertie thermique naturelle. Nous y avons ajouté des bidons remplis d’eau, qui emmagasinent la chaleur en journée et la restituent la nuit. C’est un principe simple de serre bioclimatique, mais très efficace.

Le soir, un filet thermique est tiré pour recouvrir l’ensemble des plants. En cas de besoin, une nappe chauffante peut également être ajoutée au sol pour sécuriser la croissance. L’association de plusieurs protections (chauffage, bidons, filets) permet de sécuriser les cultures même lors de fortes gelées.

Limiter les pertes de chaleur et les courants d’air

En hiver et au début du printemps, l’étanchéité de la serre est primordiale. Lorsque les températures deviennent critiques, nous ajoutons une bâche plastique sur les portes, fixée simplement avec des pinces. Cela crée une paroi supplémentaire et empêche les courants d’air froid de circuler dans la serre.

L’aération reste possible grâce à des ouvertures en hauteur et sur les côtés, suffisantes même en mars en cas de montée de température. Le soir, les filets thermiques sont systématiquement remis en place pour former des “blocs” de chaleur. Cette notion de bloc est essentielle : plus les éléments sont regroupés, plus l’inertie thermique est importante, et plus la serre résiste aux gels tardifs.

Les tables chauffantes sont également équipées d’arceaux permanents, qui servent à la fois de support pour les plaques engluées et pour l’installation rapide des filets thermiques. En cas de froid intense annoncé, un filet supplémentaire peut englober l’ensemble des tables, même si cette manipulation reste ponctuelle en raison du temps de travail qu’elle demande.

Conclusion

Même au cœur de l’hiver, une serre à plants ne dort jamais vraiment. La période de repos est un moment clé pour observer, nettoyer et préparer l’outil de production. Grâce à une bonne isolation, des systèmes de chauffage modulables, de l’inertie thermique et une gestion rigoureuse des protections contre le froid, il est possible d’avoir une serre à plants performante dès le début du printemps.

Ces choix nous permettent de sécuriser les semis de mars, de limiter les maladies et les ravageurs, et d’aborder la saison avec plus de sérénité, malgré un climat parfois rude. Des solutions simples, accessibles et éprouvées, qui font toute la différence sur le long terme.

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